#160 Baiser pour oublier ?

Que ce soit avec un plan cul régulier, ou un super beau mec qui ne te donnera plus de nouvelles, je ne sais pas si baiser pour oublier s’avère extrêmement efficace. Ça boost éventuellement la confiance en soi (quand ça marche) mais c’est bien souvent le seul gain qu’on peut en tirer. 

J’ai en ce moment une soif de baise insatiable, je tuerais pour revivre la nuit passée avec Mister. J’ai envie de me taper tout ce qui bouge et de tester de nouvelles choses pour combler un vide, un manque. Mais comme toujours, rien n’est simple. Les mecs qui me plaisent m’impressionnent beaucoup trop et piétinent le peu de confiance en moi que je lutte à acquérir, si bien que je passe rapidement pour le garçon le plus simplet et con au monde dès que je veux approfondir une conversation. Et les mecs qui pourraient faire l’affaire... ne font finalement pas l’affaire. Parce que je suis malgré tout excessivement exigeant. 

C’est en essayant de trouver le sommeil avant-hier que j’ai été pris d’une érection des plus puissantes. Tellement puissante que je n’ai pas pu me retenir de saisir mon téléphone et d’envoyer un texto à Maxime, l’élève avocat que je n’avais plus vu depuis 2-3 semaines, pour lui demander s’il serait disponible le lendemain.

Je suis donc allé chez lui à 18h30, il habite à 2 minutes de l’agence donc autant dire que c’est plutôt pratique. Ce qui est amusant avec ce garçon et avec ce type de relation d’ailleurs, c’est que peu importe le temps passé sans s’être vus, on garde toujours cette espèce de complicité amicalo-sexuelle particulièrement plaisante. 

On a commencé par parler du mec avec qui il avait prévu d’aller boire un verre juste après notre partie de jambes en l’air. Il me parlait des attentes qu’il avait de ce rendez-vous tout en me caressant le bas de jambes et en blaguant sur ma pilosité certes excessive, mais particulièrement douce. Nous avons, je crois, une relation 100% transparente. Je lui parle de mes difficultés à me remettre de ma relation ainsi que de mes démons intérieurs, sans barrière et lui me parle des relations ambiguës qu’il entretient avec certains mecs... 

Notre séance X a été plutôt sympa, il a ce côté un peu pervers que j’adore et qui me fascine. Il aime beaucoup se frotter, il a des excès d’entrain par moment, comparables à une certaine forme de violence. J’aime lorsqu’il me met sur le ventre pour me lécher les lobes de l’oreille avec fougue et qu’il me retourne violemment pour enfourner son sexe dans les tréfonds de ma gorge. 

J’aime bien le sexe avec lui mais dès qu’il me pose une question, qu’on sort de cette dynamique sexuelle, je deviens profondément mal à l’aise. La locomotive reprend automatiquement du service, je suis tiraillé : je ne sais pas comment ni quoi répondre mais surtout, je n’arrive pas à formuler autre chose qu’un « oui », « non », « où tu veux », « comme tu veux »... Quand je baise, chaque mot qui émane de ma bouche est aussi difficile à sortir qu’un morpion accroché à un poil.

Je me souviens avoir mis un certain temps à jouir, lui est arrivé en premier, sur moi comme à son habitude. Et tandis que la veille dans mon lit, j’étais plus que séduis et bandais explicitement à l’idée de m’en prendre plein la gueule pour parler crûment, lorsqu’il m’a demandé si je voulais qu'il vienne sur moi, je n’ai rien trouvé d’autre à dire que « OK mais pas sur la gueule ». C’est pas croyable d’être aussi contradictoire.

Après avoir juté, avec un petit peu plus de difficulté que d’habitude, j’ai fermé les yeux, pendant à peu près 5 secondes qui m’ont parues durer une éternité. 5 secondes durant lesquelles je me suis mis à penser, trop penser. Comme un caprice qu’on aurait comblé, le plaisir s’en va aussitôt qu’il est arrivé.

J’ai masqué cela par un petit rire de circonstance : il est commun de rire après avoir jouis, non ?

20 minutes plus tard, nous nous retrouvions sur le canapé du salon, à de nouveau parler du mec avec qui il comptait dîner l’heure suivante. Je suis rentré chez moi, les couilles vidées mais le coeur et la tête encore trop lourde.

Cette relation est cool. Le sexe est cool. Mais ce n’est ni un médicament, ni un antidépresseur. 

Lucas Lopes

Blogueur depuis 2012. Lucas, 20 ans, suceur de bites et fumeur de joints. J'aime envisager mon écriture comme étant une forme de psychothérapie.

1 commentaire:

  1. Baiser pour oublier ou pour ne pas penser à autre chose, mais la plupart du temps comme tu le constates, les pensées reviennent juste après. Quand on pense trop, ce qui est une de très spécialités non? :-)
    Quand à rire après, moi parfois c'est un fou rire complet qui me prend pendant la jouissance...

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