#12 Les plans cul et moi

Je vais peut-être paraître un peu étrange, un peu vieux-jeu, un peu coincé, ou que sais-je encore, mais je pense être un des rares gays qui n'aime pas les plans cul (surtout lorsqu'ils proviennent de sites ou apps). On pourrait penser que c'est dû à mon jeune âge, on est toujours un peu fleur bleue à 18 ans mais, pourtant, tous les gays de mon âge que je peux fréquenter sont tous des donjuans du sexe. Ils adorent ça et ne s'en cachent pas. Ils collectionnent les parties de baises à deux, voire à plusieurs, avec des hommes qu'ils ne connaissent même pas. 
"- On s'en fou, on se prends pas la tête. " 

D'accord mais quand même. Moi ça me gène de pratiquer ce genre de choses avec des individus que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam, pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé. 

Un soir, revenant d'une soirée particulièrement arrosée au sein d'un bar avec quelques amis, j'étais particulièrement "chaud". Chez moi, je me suis vite connecté sur un site de rencontre gay plus ou moins spécialisé dans le domaine des plans cul simples et rapides dans le but de, moi aussi, en trouver un. J'ai été parlé à Paul, un homme d'une trentaine d'années plutôt sympa, qui était encore connecté aux alentours de 2h du matin. 

Après quelques mails échangés, je lui ai vite fait comprendre que j'étais particulièrement ouvert à une éventuelle proposition indécente. Il ne s'est pas fait prier et est venu me chercher chez moi en voiture. Quelle inconscience en y repensant. 
"Pour parler", dans un premier temps, il se gare dans un parking (que je connaissais très bien, au cas où), je lui parle de ma vie, il me parle de la sienne, de son copain. Je lui demande s'il compte tromper son copain, il me répond que c'est très probable, c'est alors que je prends les choses en main et l'embrasse langoureusement. Après quelques minutes de bisous-bisous, il me propose de passer à l'arrière, j'accepte. 
Une fois à l'arrière, je lui retire son pantalon, ainsi que son boxer, et commence à le sucer pour le moins généreusement, ces gémissements semblaient m'indiquer que je me débrouillais très bien, même bourré. Ensuite c'est à son tour de me sucer, puis il propose de me "bouffer", ce que j'accepte pour lui faire plaisir. Quelques minutes après, il tente d'enfoncer un doigt dans mon cul, et là, c'est le drame. Je lui dis calmement que "je ne compte pas me faire baiser dans une voiture par un type que je ne connais pas", seuls mes petits-amis ont droit à ce "privilège" particulier. Je dis "privilège" car j'ai horreur des relations anales, encore plus lorsque je suis passif, c'est donc un véritable effort de ma part lorsque j'accepte de me faire pénétrer.
Il comprend parfaitement et n'insiste pas, je me place alors sur lui, face-à-face, il prends mon sexe et le sien dans sa main et nous branle tout en me prenant la bouche de façon bestiale. Ça aurait pu être cool si je n'étais pas en train de subitement débander. J'essaie de masquer la chose pour pas casser l'ambiance, je le suce, l'embrasse, puis lui dit que finalement c'est peut-être le fait d'avoir trop bu qui m'a coupé, je finis donc par le branler, il éjacule, et fin de l'histoire. Il me ramène chez moi, et à bientôt.

En rentrant chez moi, vers 4h, je me sentais sale, comme souillé. J'ai donc été prendre une longue douche d'à peu près une heure et me suis endormis en écoutant le chant des oiseaux. 
Je ne sais pas ce qui a pu se passer, j'y réfléchis encore. Est-ce que c'était parce-que j'étais réellement bourré que j'ai eu cette panne ? Est-ce que c'est parce-qu'il a touché à mon cul que ça m'a bloqué ? Est-ce que je n'ai tout simplement pas confiance en moi ? Est-ce que j'accorde une trop grande importance à mes principes ? 
Je me souviens avoir apprécié ce moment, au début, puis dès qu'il a enfoncé sa langue dans mon corps, tout un tas de questions me sont passées par la tête. "Qu'est-ce que je suis en train de faire là, un plan cul ? Est-ce que je me suis bien lavé le cul ? Est-ce que ça l'excite ?..." 
Lui m'a dit, et continue à me dire, qu'il a adoré ce moment nocturne dans sa voiture. Mais moi ? Est-ce que j'ai vraiment aimé ? Je n'ai même pas jouis. J'avais même pas, ou plus, envie de jouir. 

Pourtant parfois, quand je suis très excité, l'idée d'un plan cul ne me tracasse pas, bien au contraire. Elle m'excite davantage me rendant dans un état difficile à gérer pour moi. C'est pour ça que je comprends pas, je réfléchis peut-être un peu trop, certes, mais toujours est-il que les faits sont là. 

J'aime pas les plans cul.

Le phénomène de débandage dont je peux être victime semble être quelque-chose qui me poursuit même dans mes rêves. Souvenez-vous, j'en parle ici

Suis-je condamné à faire l'amour qu'en étant en couple ? 

LL

Lucas Lopes

Blogueur depuis 2012. Lucas, 20 ans, suceur de bites et fumeur de joints. J'aime envisager mon écriture comme étant une forme de psychothérapie.

3 commentaires:

  1. Je me sens moins seul ! Merci :)

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  2. J'ai le même problème que toi à ce sujet, je ne me sens à l'aise qu'avec les garçons que je connais très bien, en qui je peux faire pleinement confiance. Actuellement mon copain par exemple. (parce qu'en plus, je suis un gay fidèle, je suis un spécimen rare ! :P)
    J'ai déjà essayé avec un parfait inconnu et ça n'est pas aller bien loin non plus.
    Je pense pas que ça soit un manque de confiance en toi, mais plus en la personne en face qui en fin de compte, pourrait avoir toute les maladies du mondes et te les refiler dans un simple craquement de latex par exemple...
    Je préfère rester sans sexe que de prendre du plaisir avec des mecs que je ne connais pas, une éthique personnelle, même si l'envie est parfois forte, je m'y tiens car je sais que de toute façon je ne serais capable de rien.

    Pour moi, faire l'amour en n'étant qu'en couple ,peut-être pas, mais juste pas avec n'importe qui.

    Puis le sexe façon plan cul, c'est pas câlin ! :(

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    1. Tu as assez bien résumé ce que je ressens ! ^^

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